2022. Le retour aux sources. LOW BUY year. Mais avant, un petit récapitulatif depuis 2020.

31 décembre 2021.

J'ai l'impression que c'est le jour de la marmotte. Pour plusieurs situations dans ma vie, depuis 2020, en fait. Que ce soit à l'échelle mondiale ou personnelle, deux années ont passées et autant que ça m'a paru long, ça m'a paru court à la fois.


Janvier 2020, j'ai déposé ici sur mon blog mes sincères intentions d'entamer une année sans achat, ou presque. J'étais bien loin de me douter de ce qui allait se passer par la suite: pandémie mondiale, déménagement dû à la vente de la maison qu'on louait depuis moins d'une année, emménagement dans notre VR pour 6 mois, déménagement au Nunavut, un autre lock down dû à la pandémie mondiale, début d'un travail à temps plein de mon côté, faire le deuil de ne plus être à la maison et les avantages que cela comporte, apprendre à vivre avec une nouvelle réalité, vivre une crise d'eau potable, s'adapter et .... dépenser un peu trop.


Je sais bien, on vit dans une ère où notre santé mentale est mise à rude épreuve. On réagit tous différemment aux situations qui nous arrivent. Je ne vois pas mon année sans achat, ou presque de 2020 comme un échec, loin de là. Parfois, des situations extérieures arrivent et sont hors de notre contrôle et il faut laisser-aller, il faut s'adapter. J'avais pleins de projets que je n'ai pu réaliser. Par contre, j'ai vécu beaucoup d'apprentissages, comme si j'avais vieilli de 10 ans en l'espace de deux. Suis-je la seule?


Demain, nous entamons une nouvelle année, pleine de possibilités. Je me sens fébrile, mais différente. Beaucoup de choses ont changées depuis, dont notre situation financière. J'en parlerai plus largement éventuellement mais si vous saviez à quel point la vie en Colombie-Britannique fût synonyme pour nous de lourdeur financière. On s'en est sorti et j'ai beaucoup de gratitude en pensant à cette période de notre vie, mais ouf, que je suis soulagée que ce soit derrière nous. Quand mon conjoint a pris la décision de changer de carrière, il y a maintenant presque 4 ans, nous savions que nous quittions un certain confort: après presque 15 ans en tant que militaire, il quitterait tout et on recommencerait à nouveau, au bas de l'échelle. Avec la moitié de son salaire habituel, nous allions déménager dans l'endroit au Canada le plus dispendieux à habiter et à vivre: Vancouver et les environs.


Malgré que nous avons sû tout de même en profiter, notre famille a dû faire beaucoup de sacrifices pour pouvoir "survivre" pendant presque trois ans: temps supplémentaire à travailler pour mon conjoint, budget très stricte sans possibilité d'épargne, stress, fatigue et impossibilité de venir voir nos proches au Québec vu le coût important des billets d'avion pour nous cinq. Nous n'étions pas les seuls. Beaucoup de gens trouvent les paysages et le mode de vie intéressant, mais arrivent de peine et de misère à joindre les deux bouts. C'est comme si c'était normal d'être serrer à la gorge, à moins d'avoir la chance d'avoir des parents qui ont profité du boom financier et qui peuvent aider à l'achat d'une propriété. Le petit peu que nous avions réussi à épargner, nous avons choisi d'en profiter avec les enfants pour partir en vacances, avec notre motorisé et explorer, pendant que nous en avions l'occasion. Il faut le dire, l'accès à la nature en Colombie-Britannique est facile quand on a accès à une voiture et surtout, peu dispendieux. Ces vacances ont d'ailleurs imprégnées nos mémoires de souvenirs inoubliables, malgré la simplicité de celles-ci (on suivait le même budget pour l'épicerie, pas ou peu de restos, etc): on a pu visiter les magnifiques rocheuses à quelques reprises, la Sunshine Coast, l'île de Vancouver, Tofino et ses vagues, la côté de l'Oregon et son côté sauvage, rencontrer de magnifiques personnes nous invitant à la chasse aux opales et visiter une ancienne coulée de lave souterraine dans l'état de Washington.


Mais lorsque nous étions dans notre quotidien, j'étouffais, j'avais un discours assez négatif qui inquiétait mes amis. Il est donc venu le temps de communiquer à mon amoureux que je n'étais pas heureuse, j'avais de besoin de changer d'air, j'avais envie de liberté, dans tous les sens du terme. Il faut le dire, obtenir un transfert avant 4 ou 5 ans de service dans le "Lower Mainland" de Vancouver a été une tâche des plus ardues et mon conjoint a dû le demander à plusieurs reprises pour enfin voir des offres arriver. C'est la raison d'ailleurs pour laquelle nous avions décidé d'emménager dans notre motorisé d'octobre à avril: nous ne voulions pas nous engager dans une contrat de location d'un logement lorsque nous étions en processus de transfert. Malgré que nous sommes sortis de notre zone de confort durant cette période, je garde en mémoire d'inoubliables rencontres et une connexion à la nature profonde. En février, l'offre est arrivée pour Iqaluit, au Nunavut et en avril, nous étions sur le territoire.


Presque un an s'est écoulé depuis notre arrivée à Iqaluit. Dès que mes pieds se sont déposés sur ce territoire, j'ai su que j'y laisserais une partie de mon âme. Le sentiment de liberté qu'on ressent est indescriptible. À cet instant, c'était comme si tout notre parcours des dernières années, toutes les réalisations, les embûches, les petites joies trouvées dans la simplicité, venaient de s'emboiter, s'entrelacer et que tout avait finalement un sens. En l'espace de quelques mois, nous avons l'impression de nous être intégrés à une communauté accueillante et respectueuse, malgré les blessures que l'on voit de nos propres yeux, que l'on ne présente que très peu sur les réseaux sociaux. Les enfants ont la chance de fréquenter une magnifique petite école francophone dont je suis tombée sous le charme. C'est d'ailleurs ainsi que j'ai, pour la première fois en presque dix ans, évoqué le désir de sortir de ma vocation de maman à la maison pour aller explorer d'autres horizons.


Ce qui commenca comme un contrat déboucha en une offre de travail à temps plein, de 37,5 heures par semaine. J'avais donc de nouvelles responsabilités et une nouvelle réalité: celle de maman travaillant à temps plein avec un conjoint qui travaille sur des quarts de travail. La réalité est que, après avoir discuté les pour et les contre, nous avons décidé de faire équipe, ensemble pour que la transition se fasse plus facilement. Lui, devra prendre plus de responsabilités à la maison à sa charge et moi, je devrai faire le deuil de certaines habitudes que j'avais et peaufiner mon système d'organisation de la maisonnée. Ce ne fût pas sans quelques embûches sur notre route et rien n'est parfait, mais je dois avouer qu'on se débrouille assez bien.


Avec un déménagement dans un endroit très éloigné (nous habitons sur une île seulement accessible par avion ou par bateau) est venu de gros défis et deuils à faire, surtout au niveau environnemental: on est bien loin des épiceries en vrac. En fait, la réalité ici est tellement différente qu'on ne sait même jamais ce que l'on va retourner sur les tablettes, par faute d'un blizzard qui s'étend sur plusieurs jours, une pandémie qui frappe par le manque de personnel ou la livraison est toujours retardée, une crise d'eau potable s'étendant sur plusieurs mois ou une autre situation bien hors de notre contrôle. On a dû laisser tombé tout le recyclage, faute de facilités sauf pour le carton. On est encore plus loin du compostage... Tout, ou presque vient emballé ou suremballé, quand on réussit à obtenir ce que l'on désire. Donc on a du légèrement laisser aller puisque mon eco-anxiété avait beaucoup pris de place. Il y a aussi le fait que je ne pouvais plus réellement me procurer des vêtements seconde main à mon goût, selon les besoins de ma famille. Je devais tout repenser.


Avec nos emplois du temps plus chargés soudainement et un salaire en plus sont venus de nouveaux défis: le manque de temps et la gestion de nos ressources financières. Plus d'argent, beaucoup moins de temps. Quelques habitudes ont été mises de côté, dont le suivi d'un budget plutôt serré pour à peu près tout: épicerie, vêtements et autres trucs dont on n'a vraiment pas réellement de besoin. Je l'avoue, je suis retombé un peu dans mon cercle vicieux de consommation. Rien d'équivalent à avant et le tout s'est fait très sournoisement. La vérité est qu'ici, il n'y a presque pas d'endroits où l'on peut se procurer des objets pour la maison. Malheureusement, Amazon est la compagnie qui livre le plus ici, elle a même un immense entrepôt destinée à recevoir les commandes de tous. En plus d'offrir beaucoup plus de choix, elle offre des prix à faire rêver: choisir entre l'ensemble de verres à eau 4 pour 48,99$ au magasin ici ou 4 pour 14,99$ chez le géant de la consommation, le choix est facile. Et puis, il y a toujours l'option d'aller chercher en ligne, pour quelque chose de plus durable, mais il y a le temps à passer à faire la recherche. Des heures et des heures de recherche en ligne, c'est épuisant.


Avec un nouvel emploi s'est présenté un nouveau besoin: ajouter quelques pièces à ma garde-robe. Le climat tellement différent du sud de Vancouver m'a certainement fait réaliser que plusieurs de mes pièces que je portais l'automne et l'hiver là-bas n'étaient pas du tout appropriées pour ici, où la moyenne de température l'hiver de retrouve entre -15 à -40 degrés Celsius comparativement au 5 à -5 degrés Celsius que j'étais habituée. C'est ainsi que la recherche de vêtements adaptés et confortables a commencé. Arrivée en décembre, j'ai bien réalisé que j'avais tout de dont j'avais de besoin, tout en gardant un nombre de vêtements raisonnable. J'étais dans la même situation pour plusieurs sphères de ma vie dont les livres et les projets créatifs. J'avais de quoi me tenir occupée mais moins de possibilités pour créer. Pourtant, mon côté frugal que j'avais tant cultivé et chéri n'était jamais très loin: je réalisais que cet argent dépensée un peu plus frivolement qu'avant pouvait être mis de côté pour de plus grands projets. Après avoir vécu presque 10 ans à la maison avec un seul salaire pour la famille, c'était un beau sentiment de savoir que je pouvais épargner pour le futur, j'étais fière d'obtenir à nouveau une carte de crédit à mon nom seulement, pour augmenter ma cote, le jour où l'on souhaiterait s'acheter un terrain ou une maison. Je pouvais aussi penser à en mettre de côté pour mes vieux jours. Je devais faire le deuil de mon temps, mais j'accueillais cette "abondance" en retour.


Puisque nous avons vécu presque 10 ans à un seul salaire, je me suis posé la question: et si l'on continuait ainsi? Et même plus: et si l'on vivait en composant SEULEMENT avec l'argent pour nos besoins de bases? Combien d'argent pourrions-nous épargner?


L'idée était alléchante et terrifiante à la fois. Intéressante pour l'épargne, le défi et le retour à une certaine stabilité qui m'est si chère au quotidien. Effrayante pour la mise en place d'un nouveau budget et une sorte de "privation" ou plutôt de changement d'habitudes qui n'est pas toujours confortable. L'idée me chicotait depuis que j'avais commencé mon travail car dès le départ le but était de mettre de côté mon salaire pour nos projets et ma retraite. Je savais que la lune de miel passerait et qu'après quelques dépenses superflues, j'aurais probablement envie de retourner aux sources.


Je vivais un peu sur le pilote automatique. Pour l'instant d'un moment, ca m'a fait honnêtement du bien de ne pas trop me soucier de rien, de ne pas m'inquiéter de savoir si le budget allait balancer. Juste pour un moment. J'ai conscience qu'on est assez privilégié, que malgré toutes nos difficultés, on a la chance d'avoir été capables de s'en sortir. Beaucoup de personnes m'écrivent chaque année pour me dire qu'elles aimeraient rester à la maison mais que, faute de moyens financiers, elles ne peuvent pas. À chaque fois, je répond que c'est toujours une question de choix: les choix qu'on fait avant et pendant. On voit souvent le belle image et le rêve sans pourtant voir les sacrifices dont je parle plus haut. C'est pour cela que j'ai eu envie de vous en parler, en toute vulnérabilité. Si vous êtes présentement dans une période plus difficile, je pense à vous et vous envoie toutes mes bonnes énergies. C'est dans les périodes où tout semble ne plus fonctionner que l'on développe les meilleurs trucs, une résilience et une humilité qui restera avec nous. Si vous avez des projets pour le futur qui nécessiterait un changement de mode de vie, c'est toujours le bon moment de commencer. J'ai l'impression parfois que la société nous dicte comment on devrait vire, que l'on devrait vivre selon ou au-dessus de nos moyens, avec toutes ces possibilités de crédit, de payer en versements égaux ou plus tard. Comme si c'était mal de vivre en dessous de ses moyens, de planifier pour le futur et de ne pas avoir l'impression de manquer quelque chose. Cela étant dit, je ne vois pas ce mode de vie comme étant celui d'une ermite vivant dans un bois ( quoique.... :) ). Je crois que chacun peu avoir une vision différente de la chose tout dépendant de plusieurs facteurs dont un que j'avais peu réaliser avant d'habiter ici: l'éloignement.


C'est ainsi que nous avons décidé d'entamer une année sans achat ou presque, une LOW BUY YEAR, un peu comme celle que j'avais le projet de réaliser en 2020, avec une différente approche. Durant ces deux années où j'ai vieillis d'une bonne dizaine d'années (haha!), j'ai eu le temps de penser (beaucoup) et de voir ce qui fonctionnait le plus dans notre famille. Malgré que cela semble extrême sur plusieurs aspects, je trouve que c'est en fait une belle façon d'explorer, de prendre le temps, de réfléchir, d'épargner pour de plus grands projets. Parce que quand on est occupé à penser au prochain besoin et à dépenser de petites sommes ici et la, et bien on n'en a pas de temps pour rêver et mettre de l'argent de côté pour ces rêves. Cette fois-ci, ce projet sera plus ouvert à la flexibilité et aux constatations et moins de culpabilité et de privation.


Je vous prépare donc un autre article de blog, qui paraitra au courant de l'autre semaine, vous décrivant en détails les balises de notre année sans achat ou presque ainsi que notre budget, en gros. Si vous vous sentez interpellé(e)s par le projet, je vous invite à participer, sans pression. Que ce soit pour un mois ou 12. Ensemble, nous pourrons, discuter, s'entraider, réfléchir, sans jugement. Un groupe de soutient est créé sur Facebook et nommé: 2022, une année sans achat, ou presque LOW Buy year. | Simplement Sarah .


En attendant, je vous invite à explorer certains aspects de votre vie que moi-même je ferai aussi:


- Me désabonner de tous les comptes sur les réseaux sociaux qui m'incite à la consommation non réfléchie;

- Me désabonner de tous les courriels m'incitant à acheter impulsivement;

- Faire et/ ou peaufiner mon budget;

- Faire une liste d'éventuels besoins pour le mois ainsi qu'une liste pour l'année.



À très bientôt, et merci d'être ici. xx

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